08/02/2015

Douce France

Douce France..
Pays de paix et d'harmonie..

Comme une Une des Echos..
Le poids des mots, le choc des photos.
Comme une odeur d'années 70...

Heureusement HSBC vient mettre un peu de nouveauté dans ce paysage..



28/12/2014

Chacun son mur...

Ceux qui aujourd'hui encore s'étranglent de l'existence du "mur des cons" dans un syndicat de magistrats ne semblent pas avoir eu la même indignation face aux  "murs" facebook officieux de membres des forces de l'ordre.
Pourtant les débordements étaient tout aussi graves, et tout aussi inquiétants, si ce n'est plus.
Cette asymétrie n'est sans doute pas anodine.

L'intuition nous laisse imaginer un clivage sociétal entre ceux qui dénoncent le manque d'impartialité de la justice, et qui dénoncent le manque d'impartialité de la police. Entre ceux qui ont peur des juges, et ceux qui ont peur des policiers. Entre ceux à que l'on suspecte de délinquance en col blanc, et et ceux de délinquance à capuche.

Aujourd'hui, si la polémique s'amorce autour de l'affaire de Joué lès Tours, c'est que le terrain est fécond pour qu'elle germe.

On mesure chaque jour combien la confiance est précieuse, en mesurant le coût de la défiance qui règne dans la société française, écartelée par les inégalités matérielles, culturelles et sociales. Une société où deux visions de la justice s'opposent de manière frontale, en se fracassant sur le mur d'en face....

15/12/2014

Attrape-bobos

Noël approche, et comme chaque année, chaque citoyen responsable vit un véritable calvaire quand il doit endosser son habit de père de noël, car il sait qu'en voulant faire le bien d'un enfant, il fera du mal au futur adulte que cet enfant deviendra.
Mais c'est ainsi, tant pis pour la planète, tant pis pour les populations, ça a beau être une goutte d'eau dans l'océan, impossible d'en détourner le cours. Trop dur de lutter contre le courant. Rien ne résiste à la pression de conformité.
Bref, on ne veut pas que nos enfants soient privés de cadeau à Noël pour le seul motif d'avoir des parents bobos.
Alors on s'écrase.
Noël approche et il va nous falloir pactiser avec le diable.
Alors la liste de Noël dans les mains, on va se résigner à s'approvisionner au mieux.


Chez JoueClub on va se dire : tiens cool, le retour en grâce des jouets en bois, sans pile !
On va se jeter dessus avec un soulagement qui n'est pas sans rappeler la joie du végétarien au moment où Buffalo Grill lui apporte une salade de bienvenue.
On cajolera sa conscience devant toutes les belles intentions affichées sur l'emballage : des produits "nobles en bois, sélectionnés par nos experts"...




Après une deuxième lecture plus attentive, on va un peu déchanter en constatant que ceux que JouéClub appelle "experts" sont des gens qui s'assurent qu'ils vendent des jouets tout ce qu'il y a de plus normaux: des jouets avec lesquels l'enfant pourra jouer et grandir. Incroyable !



Enfin on sera beaucoup plus apaisé en constatant que ouf, on reste dans un schéma tout à fait classique : jouet fabriqué en Chine, on ne sait pas trop par qui ni comment.
Une valeur sûre donc.



Voilà, ça a bien marché, l'attrape-bobos a parfaitement fonctionné. Un peu de wood-washing, et hop, on a mordu au green-phishing.

Un grand merci donc à JoueClub pour l'innovation dont ils font preuve, avec leur concept de "proximité" (oui, la proximité ça veut dire que le magasin est situé en centre-ville, et que les usines sont de moins en moins en Chine pour pouvoir commander tout au dernier moment).
Un beau progrès de civilisation assurément.

En bonus, un extrait de l'interview de Alain Bourgeois-Muller, PDG de JouéClub publiée sur http://www.observatoiredelafranchise.fr/


Vous importez vos jouets du monde entier, mais vous privilégiez les articles européens. Pour quelles raisons ?

Nous avons en effet choisi cette année de mettre l’accent sur les produits fabriqués en France dont une sélection figurera sur la quatrième de couverture de notre catalogue. Se fournir auprès de groupes européens  nous permet d’être bien plus réactifs dans notre réassort, par rapport aux jouets importés d’Asie, et cela est primordial quand on sait que l’an dernier, les clients ont attendu la dernière quinzaine avant les fêtes pour faire leurs courses de Noël. (source)

25/11/2014

Le privilège de l'irresponsabilité

Sur Babordages j'ai apprécié la finesse de ce billet : il met en lumière les petites distorsions sémantiques qu'on ne remarque même plus, mais qui provoquent de drôles de déformations dans notre représentation du monde. 
Le cas étudié est celui de "la bourse", qu'on finit par assimiler à un être vivant pourvu de raison.
Sans chercher trop longtemps, on pourrait étendre cette étude à d'autres cas tout aussi parlants.
Le procédé de personnification se retrouve ailleurs: le marché, l'opinion, l'Europe... autant de créatures imaginaires qu'on fait vivre pour notre petit confort intellectuel, comme d'autres en leur temps s'étaient construit une mythologie pittoresque.

Ces concepts ont un point commun : ce sont des "systèmes" et on leur attribue des comportements propres, indépendants des individus qui les constituent.
Ces comportements, présumés rationnels, prévisibles, guidés par l'appât du gain et la recherche de l'intérêt individuel, auraient pour effet de rendre l'ensemble également prédictible et rationnel.
A partir de là, on pourrait s'appuyer dessus, se laisser porter, sans réfléchir.
L'intérêt général se désignerait de lui-même.

C'est alléchant. Cette hypothèse a la particularité d'être très déresponsabilisante pour les individus. Quel que soit leur potentiel et leur pouvoir économique. D'où son succès sans doute.
Contentez-vous d'essayer de vous enrichir, la main invisible du marché s'occupe du reste, nous disait Friedman, avant d'être repris en choeur par tous les économistes libéraux, puis par tous les affairistes tout heureux d'être allégés d'une lourde responsabilité sociétale.

Ils ont du mal à le reconnaître, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les inégalités se creusent et ce serait une bonne chose. Le ruissellement vers le bas n'est pas au rendez-vous, il semble même inversé: ce serait parce qu'on ne serait encore pas allé assez loin dans la libéralisation...
Seuls quelques dirigeants marginaux osent rapprocher les mots entreprises et responsabilités. La "RSE" germe dans certaines entreprises, sans qu'on sache si ça les fera muter ou si cela ne constituera qu'un léger ravalement de façade. Pour le reste, on s'agrippe encore à notre irresponsabilité.

L'irresponsabilité des puissants, c'est la base de leurs privilèges. Ces privilèges qui se perpétuent dans la démocratie de marché, et qui expliquent le piètre état du monde aujourd'hui.

Je m'explique : dans toute organisation mâture, pouvoir et responsabilité doivent aller de pair.
Faire porter à quelqu'un une responsabilité sans lui confier le pouvoir de l'assumer, c'est le condamner à la culpabilité car il ne peut aller qu'à l'échec.
Confier à d'autres le pouvoir sans leur imposer de responsabilité, c'est leur accorder un privilège destructeur. Le privilège de pouvoir jouir d'une liberté supérieure, de bénéficier de droits exceptionnels sans contrepartie, des droits sans devoirs. Le privilège de pouvoir plus que quiconque façonner le monde, sans avoir l'obligation de réparer les dégâts qu'ils peuvent causer à leur environnement.

La démocratie de marché, c'est cela. La responsabilité incombe au peuple, tandis que le pouvoir (financier, économique, politique) est détenu par une minorité qui n'est responsable que de sa survie et du maintien de sa suprématie économique. L'élite dispose du privilège du pouvoir à responsabilité très limitée, le peuple est paralysé par la culpabilité de l'état du monde, consécutive à sa responsabilité à pouvoir très limité.

Bien sûr je ne parle même pas du pouvoir "politique", celui de nos fameux "représentants élus", qui semblent plutôt être là désormais pour animer et faire diversion, pour donner un coup de pouce au maintien de l'édifice.
En nous expliquant que "la bourse", "l'Europe", "les marchés", "l'opinion", etc, etc..
C'est ainsi que l'édifice tient depuis des décennies.

Mais se fissure.

La question de la responsabilité est pour moi l'enjeu majeur du monde de demain.
Que la révolution se fasse dans les entreprises, dans le fonctionnement économique du monde, ou bien dans ses institutions gouvernementales, au travers de mouvements politiques, peu importe. L'important est qu'on y arrive. Faire évoluer les organisations sociales qui permettent l'implication individuelle tout en permettant d'assumer correctement leur responsabilité collective est à la fois une nécessité vitale, et une avancée sociale prometteuse.

09/11/2014

Sarko les a (à nouveau) tuer

Donc voilà.
En deux semaines un premier bouquin qui sort révèle les insultes de Sarkozy envers à peu près tout le monde autour de lui.
Un second met en lumière les dessous des affaires impliquant Sarkozy.

Sarkozy est un brillant avocat. Il sait mieux que quiconque que celui qui accuse se met souvent en faute, et il n'a pas d'égal pour trouver la faille et déstabiliser quiconque vient lui chercher des poux.
Comme prévu donc, ce soir les plus affaiblis sont les adversaires de Sarkozy.

Les phénomènes médiatiques sont décidément passionnants.
Et la clique de l'ancien président les manipule à merveille.
Ils ont trouvé une brèche, et à grand coup de bruit et de poussières, on réussi à déclencher la contre-offensive.

Bien sûr Hollande et Fillon sont obsédés par Sarkozy et feront tout pour qu'il tombe. Ce n'est pas un scoop. Qui peut en être surpris aujourd'hui?
Demander l'intervention rapide de la justice par voie officieuse est certes répréhensible. Mais où est le "scandale d'Etat"? Y a-t-il corruption? Il semble pour le moment que non.
La gravité des faits reste relative, surtout si on met en perspective tout ce qui est reproché à Sarkozy.
Oui mais voilà, une trahison, c'est toujours une pépite dans le scénario du grand spectacle politicien.
Ça vaut bien un 20h à TF1.. Le repas de Fillon et de Jouyet a un plus grand retentissement que les tractations de Sarkozy avec le juge Azibert, alors qu'en terme de risque de corruption, on était un cran au dessus.
Mais c'est de bonne guerre, le bal de dupes a démarré... A coup de "je ne veux pas croire que" par ci, "je ne peux pas le croire" par là, on feint de s'émouvoir... La basse cour lance ses cris d'orfraie... C'est d'autant plus risible qu'on sait tous que "cabinet-noir" contre "officine", tout le monde s'espionne, l'Etat est devenu une véritable taupinière où tout le monde sait tout sur tout le monde en temps réel... Mais il faut manipuler l'opinion..

Encore une fois, avec les médias audiovisuels, l'immédiat l'emporte sur l'analyse, l'émotion supplante la raison. L'opinion, avec sa mémoire de poisson rouge, devrait réhabiliter (temporairement) Nicolas Sarkozy.

Regardons le fond de l'affaire. Je n'ai pas une grande sympathie ni pour Fillon ni pour Hollande.
Mais quand on  connait le passif de Nicolas Sarkozy, et toutes les ardoises qu'il a laissées aux militants UMP, en ces temps où les sondages, même en berne, nous annoncent qu'il va forcément revenir au premier plan, je m'étonne que Fillon soit le seul militant UMP à alerter les autorités pour éviter que le président sortant ne récidive... Même si évidemment, un citoyen normal et honnête aurait choisi un autre lieu et une autre rencontre pour le faire...






30/10/2014

Laisser la rivière faire son lit...

Et donc le ministère offre une récompense pour avoir inventé un truc qui existait avant nous et que que la civilisation a fini par nous faire oublier : un cours d'eau est le plus à même de faire son lit !

Donc quand il pleut beaucoup, au lieu d'essayer de contenir la rivière, on la laisse déborder sur cet espace. En tout, 50 hectares ont été aménagés. La zone est devenue un refuge pour les oiseaux, les grenouilles, et les brochets.

(..)

Ces travaux ont été financés par les contribuables, mais ils n'ont plus à subir les dégâts des inondations. Ce projet a reçu du ministère du Développement durable le prix du génie écologique. Les résultats sont là : en juillet dernier, à Merville, il est tombé 100 mm en une heure et pour la première fois depuis des années, personne n'a été inondé.

A lire ici


23/10/2014

Un de nos actionnaires veut nous voir en faillite

Du coup il est prêt à brader ses investissements dans l'entreprise France pour aller chercher de meilleurs rendements en Grèce.
Oui le peuple français ne se saigne pas assez pour lui. David Einhorn, puissant patron du hedge fund américain Greenlight Capital,  préfère retourner chercher ses dividendes chez nos pauvres voisins grecs qui ont eux été mis au pas. 

Il n'apprécie pas le budget de Bercy.
Pourtant je ne comprends pas ce qu'il nous reproche.
Si l'on regarde bien ce fameux budget prévisionnel 2015, on peut dire que le déficit de 87 milliards d'euros est dû
- pour une petite moitié à la prime accordée à nos patrons pour qu'ils fassent preuve de "responsabilité" (41 milliards par an?)
- et pour l'autre moitié (45 milliards?) à la nécessité de verser des rentes à messieurs Einhorn et consorts.

Quand on sait que Mr Einhorn et consorts achètent nos obligations pour financer les retraites de nos amis américains, je le trouve bien ingrat de cracher ainsi sur notre beau pays. Que je sache, les contribuables américains ne financent pas les cotisations de nos retraités français, si?

45 milliards.. ça reste raisonnable, merci la déflation ! C'est quand même toute la recette de l'impôt sur les sociétés qui sert à assurer les rentes de nos créanciers. Il est curieux que les patrons français, si prompts à se plaindre de l'oppression due à l'abominable taux de prélèvements obligatoires, ne s'offusquent pas de cette réalité...

Enfin quand on sait que chaque année nos 40 entreprises du CAC 40 offrent également déjà environ 40 milliards d'euros de dividendes à la "finance", les travailleurs français sont bien gentils de ne pas réagir quand on leur martèle qu'ils coûtent trop cher et qu'ils vivent au dessus de leurs moyens...
Sans doute est-on préoccupé nous-même à blâmer le chômeur sur cinq qui n'a pas le courage de passer ses journées à faire comme les quatre autres, à savoir chercher du travail qui n'existe pas.

Bref, le capitalisme fait de nous des êtres bizarres. L'argent ne nous comble pas. Il nous faut aussi du sang et des larmes... Ou comme dirait l'autre, l'économie? C'est idéologique, idiot !

Pour le financier, la dette française n'est pas considérée à sa juste valeur par les marchés, tandis que la dette grecque présenterait moins de risques que ne le laissent penser ses taux. "Tout le monde s'inquiète pour la Grèce. On ferait mieux de s'inquiéter pour la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu'on le connaît aujourd'hui, ne devrait pas exister", a déclaré le financier.
David Einhorn a ainsi conseillé à ses auditeurs de vendre la dette française à découvert pour acheter les obligations des banques grecques. (...)

La France "trop fière pour se réformer"

L'Américain a par ailleurs indiqué qu'Athènes "a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie" et "cessé de vivre au-dessus de ses moyens", tandis que Paris "semble trop fière pour se réformer". Le financier, qui figurait cette année dans la prestigieuse liste dressée par le magazine Time des cent personnalités les plus influentes de la planète, a notamment dénoncé les 35 heures, un salaire minimum élevé, la taxe à 75 % et surtout les tensions entre Paris et la Commission européenne liées au budget annoncé par Bercy.
Article d'origine sur Le Point : Une star de Wall Street mise contre la France

20/10/2014

Petite rétrospective à rappeler à tout sympathisant UMP qui se respecte...

Puisque dans l'état actuel des institutions, c'est à eux que va sans doute revenir le soin de désigner notre prochain monarque présidentiel, voici une petite rétrospective à rappeler à tout sympathisant UMP trop jeune à l'époque, et à leurs aînés en proie à d'éventuelles amnésies.
(petite précision : ce texte s'appuie sur des informations disponibles de la presse mainstream, garanti sans adjonction de lien vers Mediapart ou Le Monde !)
Sarkozy, maire de Neuilly/Seine, a "grandi" sous les années Mitterrand, dans le sillon de Jacques Chirac, et de Charles Pasqua, entre Paris et les Hauts de Seine. 
En 1995, Nicolas Sarkozy, ministre du budget, choisit de soutenir son premier ministre Edouard Balladur, rival de Chirac à l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, avec François Léotard, alors ministre de la défense, en charge de contrats de ventes d'arme et de matériels militaires à l'étranger, constatent à cette occasion combien il est difficile de financer une campagne électorale, de surcroît sans l'appui d'un grand parti politique. 
L'équipe Balladur rassemble néanmoins une somme équivalent à plus d'un million d'euros en liquide (des francs à l'époque) grâce à la vente de tee-shirts et de casquettes sur les plages (sans doute fabriquées main par des militants car la presse n'en a pas publié la moindre facture d'achat). Sarkozy aura tout loisir à cette occasion d'apprécier la grande mansuétude  dont fait preuve le conseil constitutionnel, présidé par le mitterrandien Roland Dumas. 

De 2002 à 2004, dès le début du second mandat de Jacques Chirac, Sarkozy est nommé ministre de l’intérieur .
Durant cette même période, Nicolas Sarkozy semble déjà en campagne : toute son action gouvernementale est médiatisée du matin au soir. 
Le 20 novembre 2003, le ministre de l'intérieur ne cache plus ses ambitions présidentielles à la télévision.
L'UMP voit apparaitre en son sein deux écuries rivales : le camps chiraquien et le camp sarkozyste qui veut prendre le contrôle du parti.

Durant cette même période, son chef de cabinet, Claude Guéant est soupçonné de percevoir illégalement 10 000 euros par mois en liquide via des fonds en théorie réservés à des opérations policières. Une instruction judiciaire est encore en cours à ce jour.
Le 13 janvier 2004 : Nicolas Sarkozy invite une centaine de députés UMP à diner dans son ministère. J'ignore le coût et l'origine du financement de ces festivités.

A l'automne Alain Juppé doit démissionner de la tête de l'UMP suite aux poursuites judiciaires dont il est l'objet pour les affaires du RPR (ancien nom de l'UMP).
Le 28 novembre 2004 : Sarkozy ravit l’UMP au camp chiraquien et poursuit son irréversible ascension.
Plus rien ne l'arrêtera jusqu'en 2007.
La rupture et la "république exemplaire" sont les thèmes de sa campagne.
Il gouvernera, entouré des Kadhafi, Tapie, Takkiedine, Woerth, Gaubert, Bazire, Balkany, De Maistre, Séguéla.
Courroye et Azibert.
Copé, Bygmalion.

Ma question est la suivante. Comment vous est-il possible de soutenir ce candidat? Quels sont vos arguments?

Qu'on ne me parle pas de présomption d'innocence. Je vous parle d'exigence de responsabilité.
Accordons-lui le bénéfice du doute si vous voulez, considérons que Sarkozy est maudit d'avoir dans son entourage autant de gens controversés. Là n'est pas le problème. Restons juste sur le domaine de la compétence. 
Comment peut-on accorder sa confiance à quelqu'un qui, juriste de profession, ex-ministre de l'intérieur (chef des RG), ex-ministre des finances (chef du fisc) et stratège politique hors-pair, prétend ne pas savoir comment a été financé sa propre campagne ? 
Comment peut-on accorder à ce personnage la plus grosse responsabilité qui puisse être confiée à un citoyen du pays? 
Comment peut-on continuer à incriminer les juges et salir autant l'institution judiciaire du pays au lieu d'assumer cette inexcusable légèreté, ces négligences coupables, pour ne pas parler de ces fréquentations suspectes et de ces coïncidences inquiétantes?
Jusqu'où allons-nous nous débattre dans la mauvaise foi, et nous ébattre dans l'irresponsabilité?

Comme le dopage dans le sport, le financement occulte de la vie politique fausse le jeu démocratique et l'ambiance sociale du pays. Cela fout par terre un pays qui n'en avait déjà pas besoin. Que cela soit dans les relations économiques ou sociales, toute organisation qui ne sait pas faire vivre un climat de confiance ne peut être performante. C'est toute la société française qui pâtit de la corruption. Le coût va bien au delà du renflouement de l'UMP par les militants et les contribuables.

Quelle piètre vision faut-il avoir de soi-même et de ses concitoyens pour considérer qu'un pays entier ait besoin d'un "champion", d'un sauveur aussi talentueux et charismatique soit-il...
En revanche, le destin d'un pays peut effectivement dépendre de la malhonnêteté d'un seul individu. Le sort de millions de gens peut pâtir de la place accordée (ou non) à la déontologie par le pouvoir politique et médiatique qui forge les normes et la culture d'un pays..

Il y a plein d'autres talents à promouvoir, à l'UMP ou ailleurs, qui pourraient ramener le débat politique à l'essentiel, loin du parasitage des affaires. Nicolas Sarkozy n'a pas su le faire, il a laissé passer sa chance. Au nom de quoi faudrait-il lui accorder ce qu'il a toujours refusé à ceux qui échouaient, A savoir une seconde chance?
Et au delà du personnage, c'est tout un système à repenser.. Quand nous déciderons-nous enfin à tourner la page?


Sarkozy et Armstrong : deux champions qui ont marqué leur époque






Sarkozy et Berlusconi


11/12/2013

Phobie & philie, néologismes symptomatiques de la pensée facebook

Ou comment, à partir de quelques néologismes en vogue, on peut entrevoir à quel point nous sommes excessivement gouvernés par nos émotions, et trop peu par la raison.

Préambule : l'argument qui tue

Sur l'ancienne version de ce blog, j'avais reproduit le long courrier que j'avais envoyé à une association d'automobilistes,  pour marquer mon désaccord avec leur combat "tout feu tout flamme" contre les radars automatiques. Sous toutes sortes d'arguments dénonçant des magouilles de l'Etat, se cachait (mal) un plaidoyer d'automobilistes pour le "droit à la vitesse", c'est à dire le droit à l'excès de vitesse. Et je m'attachais à argumenter pour montrer en quoi cette démarche était peu responsable.
Un lecteur égaré, qui a pris le temps de lire le billet jusqu'au bout, mais n'a pas pris le temps d'argumenter pour étayer son désaccord, me tint à peu près ce langage :
"Totalement débile. Quel argumentaire de petit Kapo !
Pourquoi ne vous contentez pas de dire en une seule ligne que vous êtes autophobe, vous auriez fait gagner un temps précieux à tous ceux qui se sont donnés du mal à vous lire ?
J'espère qu'ils sont très peu nombreux"

La restitution de cette anecdote me permet de relever cet amusant néologisme, "autophobie", pour illustrer mon postulat : se traiter de noms d'oiseaux en ***phile et *****phobe est un sport de plus en plus en vogue (--> note 1).

Les attaques personnelles étant monnaie courante sur le web, on comprend que ce procédé ait un certain succès, proche de l'effet de mode  (--> note 2). Attribuer à son interlocuteur une phobie ou une philie revient à lui diagnostiquer une "pathologie" très déstabilisante, visant à le discréditer et s'affranchir de tout contre-argumentaire.

Pour ma part cette terminologie ne me semble pas forcément plus violente que d'autre formules rhétoriques, je lui reconnais le mérite d'être assez explicite et parfois pertinente. Oui ce qu'on aime et ce ce qu'on n'aime pas conditionne notre raisonnement et notre façon de penser (et réciproquement).  Voilà pourquoi cette anecdote me donne l'occasion de creuser du côté de notre psychologie individuelle et sociale, au delà de la simple poésie des mots.

19/11/2013

L'orgueil, faux ami?

Ce n'est pas un scoop, la compétition régit nos interactions et façonne nos rapports à autrui. Je reste néanmoins surpris de constater à quel point c'est prégnant, et de constater à quel point ce que l'on appelle communément "orgueil" vient troubler notre discernement, voire notre activité intellectuelle, alors que nous nous estimons adultes.
Nous le savons, nous sommes pétris d'orgueil, à tel point que notre libre-arbitre s'en trouve bien souvent affecté. Combien de fois devrions-nous admettre que notre orgueil est le véritable commanditaire de nos actes, de nos pensées, de nos paroles? Ne serait-ce lors des spectaculaires contorsions intellectuelles dont nous sommes capables pour éviter de reconnaître que nous nous sommes trompés.

05/10/2013

Cachez cette grossesse que je ne saurais voir..

C'est une vieille pochette qui a l'âge de mes enfants.
De celles que maman se voit généreusement offrir après l'accouchement. Une mallette rose en carton, remplie à ras bord, qui vient finir de vous encombrer quand il faut rentrer à la maison, avec notre nouveau descendant qui a à cœur d'exploiter sa seule faculté physique déjà opérationnelle (ses cordes vocales).

10/09/2013

Les vieux sont l'avenir des jeunes. Plaidoyer pour repenser (intelligemment) le système de retraites

Périodiquement, à chaque réforme des retraites, on s'insurge, on s'étrangle, on s'égosille, mais à l'arrivée, on nous dit que l'érosion des retraites c'est comme la fonte des glaciers, c'est inéluctable.

On s'accroche à notre système de retraites, comme à son bout de banquise en train de fondre, et tout préoccupés à s'agripper, on ne pense pas à regarder à côté. D'où vient donc cette cécité?

25/04/2013

La justice est-elle tombée dans le panneau?

Pourquoi la faute du syndicat de la magistrature n'est pas anodine. 
Oui, cette histoire de panneau est une faute, et elle est grave.
Certes c'est dans un local privé, c'était un exutoire, "c'est pas nous qu'ont commencé, c'est eux", etc, etc..
Mais fallait pas tomber dans le panneau. Dans la guerre qui se prépare, s'exposer aussi naïvement à l'adversaire est une véritable faute.
En se faisant ainsi piéger, le SM a clairement offert sur un plateau à la droite un canon pour se faire dégommer. Les snipers de l'UMP ne s'en sont pas priés : une occasion inespérée (ou préméditée?) pour la droite de lancer une nouvelle offensive contre la justice dans sa configuration actuelle pour imposer sa vision à elle, relayée dans la société civile par des organisations aussi étrange que populaires que l'institut de la justice. Ce moment qui tombe à point nommé pour elle. 
Sarkozy, Guaino, et autres chiens de garde de l'ancien président ont montré qu'ils seraient sans pitié. Sarkozy y joue sa survie politique, il est prêt à tout et sait très bien qu'il sortira galvanisé s'il gagne son combat contre les juges. Comme Berlusconi, il tentera le tout pour le tout et ne fera pas de quartier face à cette meute de "fonctionnaires corporatistes incompétents, irresponsables, jaloux, aigris et uniquement animés par le fantasme de faire tomber un homme de pouvoir" que sont les magistrats selon les discours en filigrane des plus excités. L'avocat de Sarkozy ne s'est pas privé d'attaquer, à tort, l'impartialité du juge Genty pour ses activités extra-professionnelles militantes, il ne se privera pas de le faire sur d'autres cibles encore plus faciles, les juges syndiqués, comme l'annonce Philippe Devedjian. 
On assiste à un mariage de circonstance entre les puissants impliqués dans des affaires de délinquance en col blanc, convaincus que ce qu'ils font n'est pas vraiment répréhensible vu qu'ils ne font de "mal à personne", et les classes populaires engluées dans leurs préoccupations sur l'insécurité, lesquelles s'entendent dire en boucle que s'il y tant de délinquance, c'est la faute aux juges.  Ben oui la délinquance est favorisée par "le laxisme des juges, plus compassionnels avec les coupables qu'avec les victimes".
Le message est clair : ce qui ressort de cette convergence de vue, c'est que la justice ne doit pas servir à faire régner le droit, en sanctionnant et en donnant de nouvelles chances aux coupables ayant purgé leur peine. La justice doit être vue comme un service de réparation aux victimes de la délinquance, en faisant payer les coupables à hauteur de la gravité de leur crime. Une sorte de "service public de la vengeance". Pour le reste il s'agira de durcir la lutte contre la délinquance en durcissant la tolérance zéro si c'est encore possible, et en fusionnant la répression et la prévention dans des concepts nébuleux de prévention de la récidive, et autre neutralisation préventive des sujets à risques, comme "sécurisation sécuritaire de la société", seule façon de garantir la tranquilité des gens honnêtes.
Mécaniquement, on comprend bien pourquoi la délinquance en col blanc accède à l'impunité dans ce schéma là. Leurs actes étant dématérialisés, abstraits, ces délinquants commettent des délits sans victimes (apparentes). Une justice centrée sur le service aux victimes ne s'attaquerait donc plus vraiment aux délits sans victimes déclarées. Ce n'est pas un hasard si Sarkozy avait cherché à renforcer la justice pour les justiciers ordinaires, les classes populaires, avec les jurés "populaires" traitant de délits "populaires" aux assises, tout en affaiblissant les moyens de la justice financière (cf interview Eva Joly).
Cette dérive est bien sûr grandement facilité par le concours (involontaire?) des médias. 
Dans les affaires de corruption, le principe, c'est que le préjudice est toujours "invisible", indétectable. Les victimes ne sont pas conscientes du tort qu'on leur a fait. 
Tout le contraire de la délinquance de type "racaille", concret, violent, brutal avec un traumatisme émotionnel réclamant une punition vengeresse.
Il y a la délinquance spectaculaire, personnifiée, télégénique. Celle du fait-divers qui passe à la télé et dans Le Parisien / Aujourd'hui en France. Celle qui nous ébranle sur le registre de l'émotion sans solliciter la raison.
Et il y a la délinquance invisible, imperceptible, on pourrait dire indolore presque.
C'est la corruption, l'escroquerie, la fraude.
Cella là ne nous atteint pas. Cette délinquance, abstraite mais pourtant pas virtuelle, ne touche pas nos émotions. Elle ne peut que solliciter un effort de réflexion, ce qui, du fait de notre accoutumance à l'immédiateté télévisuelle, est plutôt une activité que l'on dédaigne.
Elle n'est pourtant pas indolore. On en souffre. Mais comme on ne sait pas établir les relations de causes à effet, on l'ignore.
C'est par exemple l'évasion fiscale qui entraine un manque à gagner astronomique pour l'Etat, lequel le répercute sur les dépenses publiques, et ça c'est pour notre gueule. Un médicament déremboursé, une franchise de plus, une TVA majorée.  Qu'est-ce que ces petits euros qui partent au quotidien, sinon le fait que les fraudeurs du fisc et des cotisations sociales nous font les poches?
Les magistrats ne doivent pas sous-estimer l'importance du mur des cons, cet anecdotique panneau qui pourrait faire tomber toute la justice.
La droite est tout entière mobilisée. A court-terme, les responsables jouent leur survie dans les affaires (Sarkozy, Copé, Hortefeux cités dans le dossier Takkiédine, Woerth dans le finacement de campagne UMP, l'hippodrome de Compiègne..) et à long terme, c'est une stratégie facile de fidélisation électorale des couches populaires polarisées par le FN. La droite est doublement motivée pour relancer son offensive. Et ce n'est pas le gouvernement actuel qui sera assez lucide, courageux et motivé pour la contrer. Tenez, au sujet de la fameuse transparence des élus. Qu'a fait le PS? Il a juste parlé de morale, pas de justice. Comme l'a justement remarqué Seb Musset, avec la transparence, on s'attaque au mensonge, pas à la lutte contre la fraude.
C'est un tout projet de société qui s'installe. Le PS n'en a pas (d'autre) à opposer.
La gauche doit se remettre au boulot. L'institution judiciaire doit accepter la critique, la remise en cause, et sortir de certains dogmes qui ont montré leurs limites. Elle doit le faire de façon urgente et intelligente, se montrer plus humaine, humble et pragmatique, et non s'arquebouter sur des postures conservatrices, car là elle ne fera pas le poids, et risquera de se trouver brutalement dépossédée de la vraie noblesse de sa mission. On a jamais raison très longtemps contre le reste de la population. On doit convaincre ou se plier. Convaincre implique un changement d'attitude, et notamment dans les pratiques syndicales, pour ne pas se tirer des balles dans le pied.
Pour le moment c'est un vrai boulevard pour la droite. Peut être le thème majeur de la prochaine campagne électorale. "L'insécurité, Chapitre 2". Qui s'inscrit dans le démantèlement de l'Etat impartial d'après-guerre, garant de l'intérêt général, pour le remplacer par l'Etat autoritaire, garant de l'ordre moral, conformément à l'infrastructure minimaliste requise par le capitalisme pour garantir l'ordre public et l'impunité des classes dominantes, qui écrivent les lois qu'elles-mêmes contournent.

24/04/2013

Le monde n’est pas une entreprise !

Les jours passent et ma métaphore hasardeuse sur la destinée de l'Etat semble de plus en plus pertinente.
Les citoyens-collaborateurs ont élu leur nouveau président-PDG au suffrage universel, et ils constatent avec effroi au bout d'un an que le personnage fait la même politique que son prédécesseur alors qu'il clamait être son antithèse.
Savent-ils qu'en fait ce n'était pas lui qui fixait sa feuille de route ? 
Le président-directeur-général de la République ne doit rendre des comptes qu’à ses actionnaires, ses créanciers investisseurs du système financier privé (ceux-là mêmes qu'il s'est amusé à désigner un jour comme son adversaire: il n'avait pas tort, il avait juste oublié de dire que c'est eux qui avaient gagné, et qu'il collaborerait avec les vainqueurs). 
Notre président n'a qu'un objectif : dégraisser pour passer en dessous des 3%. Comme prévu, pour le déficit, 3%, c'est plus dur que (officiellement) prévu. Dommage que ce n'ait pas été un objectif pour sa côté de popularité, car là c'était déjà beaucoup plus facile à atteindre.
Avec la réforme de l'ANI dont la droite rêvait et que la gauche a réalisée, et la réforme bancaire qui a fait pschitt, on y voit un peu plus clair. Le président apparaît désormais comme le liquidateur mandaté par Bruxelles, pour restructurer l'Etat français, comme on restructure une entreprise en difficulté.
L'affaire du chirurgien capillaire aux multiples compétences (les mauvaises langues le comparent à un couteau suisse !), apparemment moins maladroit avec son scalpel qu'avec un téléphone portable, n'a pas aidé les choses. Il a fallu que toute la direction de l'entreprise dévoile le contenu ses poches, pour montrer sa probité, avant de passer faire la quête. Voilà qui est fait. On peut donc passer au renflouage des caisses.

Des mauvaises langues ont eu beau prétendre que le manque à gagner pour renflouer le déficit à moins de 3% pouvait être extrait de nos plateformes off-shore, on a préféré penser local pour l'approvisionnement. Pourquoi aller chercher aux iles Caïmans ce que l'on peut trouver minutieusement dans les poches de ceux qui ne peuvent rien défiscaliser ? C'est sans doute un des points communs entre la droite Rolex de Sarkozy, le socialisme Caïman de Hollande et la gauche Cayenne de DSK. Un subtil mélange d’exotisme et de terroir : "taxer local, défiscaliser global".
On comprend mieux d'ailleurs pourquoi on a préféré créer un Ministère du Redressement Productif plutôt que le Ministère du Redressement Fiscal. Le second aurait été plus rentable, mais le second n'est pas à redresser. C'est le fleuron de notre économie. L'évasion fiscale est le seul domaine où la France a encore un rayonnement  l'international.
Bref au boulot, la récré est finie. La mondialisation entre dans sa phase 2. Les actionnaires/créanciers du monde ont passé des directives très claires à tous les gouvernements. Tous les pays doivent accélérer leur cadence au boulot pour rembourser leurs dettes. 
On n'a plus d'usine, mais faut se remettre au boulot, et de façon "compétitive" cette fois.
Bref, dans la phase 2, la gauche altermondialiste va devoir réactualiser ses slogans. Passer de «Le monde n’est pas un marchandise» à «Le monde n’est pas une entreprise».
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Plus sérieusement, c'est finalement sur télérama, à travers l'interview de Luc Boltanski, que je trouve enfin l'écho à ma métaphore, à la mise sous tutelle de l'Etat par le système financier..
Après la Seconde Guerre mondiale, une sorte de compromis avait été passé entre l’Etat et les grandes firmes capitalistes. Au premier, le soin d’assurer les conditions de reproduction de la force de travail — l’éducation, la santé, etc. — et le développement des infrastructures. Aux secondes, la responsabilité de payer l’impôt nécessaire à leur financement. Quand le capitalisme européen entre en crise, dans les années 1960-1970, de nouvelles voies sont explorées par les multina­tionales pour surmonter cette dernière et se soustraire aux contrôles étatiques, en réorganisant les modes de production, en développant des activités financières dérégulées et en transférant des capitaux dans des paradis fiscaux. Mais l’Etat, pour faire face à des dépenses sociales accrues par un chômage devenu endémique, a dû emprunter sur le marché des capitaux. Ce qui l’a rendu tributaire du capitalisme et a sapé un de ses principaux appuis idéologiques : le principe de sa souveraineté. Les marchés financiers et les agences de notation prenaient en effet le dessus sur un pouvoir que les dirigeants politiques devaient, pourtant, à leurs mandats électoraux.

20/12/2012

L'Etat chahuté par ses actionnaires..

En me promenant sur un blog, j'ai lu de la part de commentateurs cette phrase : "L'Etat-Providence que l'on veut à tout prix développer en France".
J'ai toussé. Y en a t-il qui croient encore à ça?

L'Etat Providence c'est un truc d'il y a 30 ans, ça. Depuis l'eau a coulé sous les ponts. On nous a démontré depuis que la solidarité c'était de l'assistanat, une subvention pour promouvoir l'oisiveté, que c'était une prime à la paresse et qu'à cause de ça on mourrait tous de ce fait alcooliques et drogués sur notre canapé. Du coup, on est tous convaincu que la solidarité, c'est mal.
Non l'époque n'est plus à la bienveillance collective. Désormais on se stimule à la providence version loterie et à l'autoflagellation. Ben oui, on a compris, ça fait 20 ans qu'on culpabilise de "coûter trop cher". Faut rembourser.
On coûte trop cher à nos propres entreprises qui ne peuvent pas faire autant de profits qu'elles le voudraient, à nos talents contraints à l'exil tellement ils sont persécutés par la puissance publique, et désormais à nos enfants puisqu'on nous dit que quand on achète une boite de médicament, la moitié sera payée par nos enfants. Il n'est pas un jour où on entende une information, un propos, un détail qui nous rappelle que l'on coûte trop cher. Alors pensez-vous, développer l'Etat Providence pour coûter encore plus cher, nul n'y songe.

Non en réalité, l'Etat Providence fond comme nos glaciers dans les Alpes tout simplement car depuis que les Etats sont obligés de se financer sur les marchés privés, ils ont été petit à petit considérés comme des énormes entreprises lucratives pour les investisseurs. Surtout quand la crise rend les entreprises privées moins lucratives. Et les investisseurs, sous ce titre pompeux, ça reste des capitalistes basiques. Ils ne supportent pas de voir leur part de gateaux s'effriter pour que  les nécessiteux récupèrent des miettes. Ils ont décider de remettre de l'ordre dans tout ça. Et ont décidé de montrer au reste du monde qui c'est qui décide, bon sang.
Les Etats sont pieds et poings liés à leur créanciers, comme le raconte naïvement François Baroin dans son bouquin, quand il relate la scène où il n'en menait pas large face à un patron d'un grand fonds de pension américain pour négocier un taux raisonnable sur les obligations lors de la crise de l'Euro. Mais officiellement notre souveraineté est intacte.
C'est un fait, le Ministre des Finances de la 5ème puissance mondiale, obligé d'embellir la mariée pour ne pas contrarier les investisseurs privés, comme un chef d'entreprise qui doit rassurer ses actionnaires. Une grosse entreprise, remarquez. La France verse 50 milliards d'euros chaque année d'intérêts sur sa dette à ses créanciers. Soit plus que les dividendes annuels distribués par l'ensemble du Cac 40 lors des dernières années. Notre prestige est sauf.
Bref. Peu importe. Nos créanciers, à travers les préconisations des banques de notation, dictent la bonne conduite à tenir pour les gouvernements pour garantir la performance de leurs placements. Qui, dans ces conditions, aurait la naïveté de vouloir sauvegarder l'Etat Providence, je vous le demande?

En attendant dans le petit écran on peut parler des impôts. De l'horrible pression fiscale qui fait fuir nos riches. Souvenons-nous que chaque année la part de la recette de l'impôt sur le revenu est entièrement engloutie par la charge de la dette. Autrement dit, dans les prélèvements obligatoires dont on est champion du monde, une part sert à financer les retraites d'américains qui sont gérées par le fonds de pension dont parlait Baroin.


Dans le petit écran on peut parler aussi de la dette envers nos enfants. C'est vrai, c'est triste de se dire qu'on leur fera payer une partie de la boite de médoc qu'on s'offre aujourd'hui pour guérir le cancer que nos parents à nous nous ont légué en décrétant qu'il fallait adapter la ville à l'automobile. C'est aussi ça la solidarité intergénérationnelle.
Mais qu'ils se rassurent, ce n'est pas la pire dette qu'on leur lègue. C'est marrant d'ailleurs comme on parle moins de nos enfants en revanche quand on évoque les gaz de schiste, le nucléaire, l'exploitation sans vergogne des ressources naturelles et toutes nos autres initiatives compulsionnelles pour maintenir la croissance... De bons rendements financiers pour les investisseurs, certes, mais dont nos enfants auront à payer la facture cachée, demain, lors des futures pénuries, pollution, saturation des déchets et autres dérèglements climatiques aux conséquences géopolitiques inquiétantes...
L'Etat Providence, on a bien compris que c'était un luxe désormais inaccessible. Mais un Etat indépendant, garant de l'intérêt général, sous l'autorité d'un système si possible démocratique, c'est encore trop demander?

On n'en parle pas beaucoup de tout ça. On sait juste qu'on coûte trop cher...

11/11/2012

Creuser, pour reboucher...

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Ils ont réussi.

Ils ont réussi à nous convaincre que nous devions payer. Que nous devons réparer.

Ils ont réussi à nous culpabiliser, et nous tombons dans le panneau.

Nous devons rembourser car nous avons vécu au dessus de nos moyens. 

Trop paresseux, trop malades, trop assistés. Pas assez flexibles, pas assez productifs, pas assez compétitifs.

Le problème numéro un, notre vice, le fléau, le chaos qui nous guette, c'est la dette. 

Notre salut, notre purgatoire, notre rédemption, c'est l'austérité.

 

Peu importe si, drôle de coïncidence, le trou de la dette équivaut peu ou prou à l'argent que nous a prélevé le système financier privatisé en appliquant ses taux d'intérêt, depuis que les Etats n'ont plus eu le droit de recourir à la finance publique, en 1973. Les états se sont vus imposés un intermédiaire privé, entre eux et leur banque centrale, et depuis, on a gentiment rétribué cet intermédiaire,  à hauteur de 1 400 000 milliards d'€ , soit un volume manquant proche de celui du fameux "trou" (1789 milliards en mars 2012). Oui, si nous avions emprunté à taux zéro, à nous mêmes, comme avant 1973, sans verser cette "dîme", cette "gabelle" au secteur privé, nous n'aurions pas une dette ridicule aujourd'hui, on en parlerait même pas.

 

 

 

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Ils ont réussi à nous convaincre que ce trou, c'est nous qui l'avons creusé, pas eux. C'est fort, non?

Et qui ça "ils"? Je parle tout simplement des acteurs plus ou moins surpuissants du système financier, qui sont passés en quelques décennies du statut de fluidificateurs de l'économie (une banque ne sert-elle pas à la base d'intermédiaire entre emprunteurs et épargnants?) à celui d'inquisiteurs supranationaux qui ont mis les démocraties au pas grâce à la collaboration zélée de nos représentants politiques.

Marginalisés, les quelques milliardaires qui ont amassé des fortunes grâce à une aventure industrielle comme au temps du capitalisme à papa. On en viendrait presque à les regretter. Au moins on avait des usines pour y bosser. 

Désormais, les puissants sans visage se sont construits en collectionnant patiemment les prélèvements permanents, certes souvent indolores, que le monde financier opère sur le monde économique réel. En tirant parfaitement profit et de leur privilège de créancier/propriétaire d'un peu tout, et de leurs talents de spéculateurs sans états d'âmes. Et en désossant, bradant, dévitalisant nos infrastructures pour les transférer ailleurs.

 

Nous voilà soumis, dociles, résignés pour consentir quelques sacrifices, plus ou moins douloureux, afin de résorber la dette. 

La rendre supportable.

La vache à lait du système financier ne doit pas exploser. A nous de faire l'effort.

Voilà l'urgence du monde civilisé.

Qui nous fait marcher au pas. Quitte à décréter la loi martiale. Et nul ne bronche, ou si peu.

 

Bien sûr il y a quelques désordres, mais pas méchants. Voire même opportuns.

Ceux qui veulent pas mettre au pot s'en prennent à leurs voisins, pour peu qu'ils vivent dans des caravanes, c'est plus facile.

Il y a des méchants qui jouent parfaitement leur rôle de méchants, avec leurs grosses barbes et leurs desseins barbares, très pratiques pour entretenir un climat de peur très saturé, et éviter qu'on se disperse avec d'autres inquiétudes. Ils sont parfaits pour canaliser la vindicte populaire, et bien malgré eux ils participent parfaitement au maintien de l'ordre public. Faudra penser à les décorer un jour...

Quant aux "pigeons" autoproclamés, ils sont bien utiles. Ils permettent à nos maîtres de nous rappeler que le droit de s'enrichir est plus important que le devoir de solidarité. Et puis, faut bien se souvenir de qui c'est les victimes, qui c'est les coupables. Les victimes, c'est ceux qui paient trop d'impôts, qui ne peuvent pas s'enrichir paisiblement à cause de nous. Les coupables, c'est nous.

 

Voilà comment la population, qui s'est gentiment faite délester de 1400 milliards d'euros en 40 ans, continue à vivre sous l'emprise de son maître, la finance, et va se montrer plus généreuse encore pour évacuer son sentiment de culpabilité en essayant de reboucher le trou. Étrange, n'est-ce pas?

 

 

 

Notez sinon qu'il y a d'autres dettes.

Et pas des moindres.

 

La dette sociale. 

Le creusement des inégalités, qu'est-ce, si ce n'est une mauvaise redistribution des richesses dont la portée se répercutera sur les générations futures ? A-t-on conscience du coût à supporter pour la collectivité pour faire tourner une société inégalitaire? Pour faire cohabiter des mondes extrêmes de façon stable dans le même espace?

 

La dette écologique.

On va laisser à nos enfants des infrastructures délirantes de routes et autres installations énergivores, et des réserves d'énergies fossiles vides. Des montagnes de déchets. Des centrales nucléaires à démanteler et à enfouir.  Un climat déréglé, des intempéries endurcies, des zones géographiques dévastées.

C'est une facture intergénérationnelle sans précédent.

Un trou insondable.

Rien à voir avec les quelques centaines de milliards d'euros à peine de la dette souveraine de notre beau pays. Non c'est incomparable. Ce n'est pas estimable. Pour cela plus encore que pour tout le reste, les euros ne sont qu'une monnaie de singe..

 

Dette sociale. Dette écologique. Ces dettes là n'existent pas dans le prisme de notre système médiatico politique. Ils n'ont d'yeux que pour cette "dette" soi disant souveraine, qui déstabilise à peine notre système bancaire déjà bancal pourtant.

 

Ces belles autruches nous mettent la tête dans le trou, mais le mauvais trou, celui qui n'est qu'anecdotique, pour être sûr que rien ne changera avant qu'ils ne disparaissent.

Oui, c'est amusant, l'austérité, ça consiste en fait à creuser un nouveau trou pour en reboucher un précédent, et éviter qu'on fasse des choses plus utiles.

 

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31/10/2012

Des camemberts pour clouer le bec des corbeaux de l'austérité, et autres renards des rentes en mal de compétitivité

Vous en avez marre de les entendre se plaindre et de tenir des discours moralisateurs à l'encontre de la population sans pouvoir réagir? Vous souffrez de ne pouvoir leur rétorquer quoi que ce soit quand ils vous assènent leurs grandes vérités à coup d'arguments macroéconomiques, saupoudrés de % et de milliards et autres ingrédients abstraits et indigestes?
Remettez leur sous le nez ces simples graphiques officiels et demandez leur de se positionner. Avec un peu de chance, ça leur mettra en évidence les biais que leur idéologie d'actionnaires fait prendre à leur raisonnement, quand ils prétendent donner des leçons de bonne gestion à l'Etat tout en occultant 15% de ses dépenses.
15%. C'est gros comme le bec au milieu de la figure d'un toucan, et ça devrait le leur clouer !



1 la répartition de la dépense de l'Etat par catégorie de dépense

Juste pour bien leur rappeler que l'Etat dépense plus pour payer les intérêts de la dette (14,8%) à ses créanciers que pour son fameux "train de vie" tant décrié... Il ne s'agit pas du remboursement du capital, hein, juste des intérêts. On entretient cette dette. Le coût d'entretien de la dette publique est supérieur au coût d'entretien matériel, concret, réel de l'Etat.
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2 la répartition de la dépense de l'Etat par affectation cible
Ici on voit que l'Etat consacre six fois plus d'argent au paiement des intérêts de la dette à ses créanciers (60 milliards d'euros) qu'à la lutte contre le chômage par an (10 milliards d'euros).
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 3 les ressources de l'Etat
Et donc bien se souvenir, quand on crie à l'injustice sur la soit-disante oppression qu'on subit en France à cause des "charges", qu'on pourrait s’exonérer de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les société si on avait continué à emprunter à taux zéro à nos banques centrales, plutôt qu'à des taux d'intérêts substantiels auprès des marchés privés... Mais il semble que de ce côté là ça ne les contrarie pas que l'Etat se comporte en vache à lait des capitalistes...
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30/10/2012

"Nous, dirigeants ADULTES ET RESPONSABLES des plus grandes entreprises…"


"Nous, dirigeants des plus grandes entreprises privées françaises 
- qui avons allègrement profité de ces dernières décennies de privatisations et déréglementations, pour se partager des parts de marché substantielles et élargir notre business,
- qui avons bénéficié de décennies de lutte frénétique des pouvoirs publics contre le chômage (budget de 10 à 20 milliards par an pour obtenir toutes sortes d'aides diverses et variées destinées à créer ou maintenir des emplois), tout en continuant des politiques de rationalisations, et autres délocalisations  productrices de chômage de masse,
- qui avons bénéficié de décennies d'aides publiques pour nous assister dans l'innovation et la "compétitivité",
- qui n'avons jamais renoncé à rétribuer abondamment nos actionnaires (ces dernières années, les seules entreprises du CAC 40 ont systématiquement reversé au total chaque année entre 30 et 40 milliards d'euros de dividendes ),
- qui ne nous sommes jamais trop émus du fait que depuis plusieurs années tout cela ait fortement aggravé la "dette publique", dont le coût constitue une belle manne pour le système financier. 

proposons au gouvernement un pacte pour relancer la croissance et l'emploi. 

Il traduit notre ambition pour la France et est conçu dans un esprit de dialogue.
La France affiche un déficit sans précédent de son commerce extérieur, de ses paiements courants, de ses finances publiques et de ses comptes sociaux. 
Les marges de nos entreprises sont historiquement basses. 
Le chômage sape la cohésion sociale et exclut notre jeunesse. 
La France doit se transformer en profondeur. Il est urgent d'agir maintenant et collectivement. 
Nous préconisons une réponse globale adossée à des mesures simples et concrètes.
En effet, 
- conscients que nous n'avons jamais réellement participé à la lutte contre le chômage et les inégalités, 
- conscients qu'en dépit de leur puissance financière, nos entreprises ne se sont pas impliquées dans les enjeux d'intérêt général autrement que sous la contrainte ou par opportunisme commercial,
- conscients que la majeure partie de la population ne peut être tenue responsable des mauvais choix stratégiques, managériaux et commerciaux de l'industrie française,
nous avons décidé de nous montrer enfin responsables et d'assumer nos actes et nos comportements dans cette période de crise. 
Nous nous engageons donc à ne plus nous défausser aux dépens des plus faibles, de ne plus dénoncer l'assistanat dont bénéficierait les petites gens sans évoquer celui dont nous bénéficions, de ne plus décrier le manque de productivité de la fonction publique alors que le secteur privé n'est pas en mesure de maintenir une performance durable sans recours permanent à la puissance publique.
Nous renonçons à imputer nos "défauts de compétitivité" aux prétendues lacunes comportementales de la population active, soit-disant trop malade, trop paresseuse, trop resquilleuse, trop incompétente.
Nous reconnaissons la dimension monétaire du problème. Nous reconnaissons que notre monnaie est surévaluée pour nous permettre de mieux profiter des richesses du reste du monde, notamment du pétrole, et qu'on a délibérément laissé notre balance commerciale se déséquilibrer.
Nous reconnaissons que l’efficacité des organisations de nos entreprises, la stratégie commerciale, le management, la capacité à motiver les troupes sont entièrement de notre ressort, et que nous sommes entièrement responsables de la performance économique de nos entreprises.
Nous devons assumer cette situation et y faire face.
Nous admettons que baisser les charges et augmenter le temps de travail ne pourra jamais permettre de rendre un travailleur français aussi compétitif qu'un travailleur payé 20 fois moins cher à l'autre bout de la planète.
Ayant intégré que le "tout concurrence" a atteint son niveau de saturation, nous sommes conscients que la performance économique globale du monde ne peut que décliner.
Nous avons pris conscience que la compétition généralisée génère un gâchis humain et environnemental dont le coût ne peut plus être négligé, et qui risque de croître exponentiellement si on persiste dans cette voie.
Nous avons fait le deuil de l'idée que la croissance pouvait éternellement payer les rentes des détenteurs de capitaux. Nous allons nous mettre au travail pour sevrer ces capitalistes de leurs rentes, car ils ne pourront plus la prélever dans un monde désormais physiquement privé de croissance.
Conscients de l'imposture que le monde capitaliste a exercé sur le monde réel durant ces dernières décennies, en dépossédant la puissance publique de sa capacité d'investissement et en construisant une puissance financière privée plus forte désormais que les Etats, nous pensons que cette phase de prédation a atteint ses limites et que le monde réel ne supportera pas plus longtemps la vampirisation illégitime qu'opère sur lui la sphère financière.
Conscients que la faible valeur ajoutée apportée par l'activité financière à l'économie réelle est sans commune mesure avec la ponction de richesse qu'elle opère sur le monde, nous demandons le retour de la mission de financement public dans le giron des états. 
Tout comme le secteur de la santé, l'éducation, ou la justice, le secteur de la finance est un secteur trop stratégique vis à vis de l'intérêt général pour être confié au secteur privé.
En réponse à la crise, nous demandons à ce que les dividendes des entreprises soient désormais versés à un fonds de réparation des dégâts sociaux et environnementaux du capitalisme financier, pour éviter de solliciter les populations déjà fragilisées. 
Nous nous engageons, dans le cadre de nos fonctions de dirigeants puissants et influents, à oeuvrer pour favoriser l'émergence d'écosystèmes économiques respectueux de l'environnement et des populations, pour tirer le reste du monde vers le haut, au lieu d'incriminer la compétition mondiale pour nous tirer vers le bas.
Enfin, purs produits de l'imagination d'un blogueur fantaisiste, nous, dirigeants ADULTES ET RESPONSABLES des plus grandes entreprises, ne demandons qu'à exister dans le monde réel.